Comment insérer un dialogue dans un manuscrit ?

Comment dois-je insérer mon dialogue dans mon récit, quels sont les codes à utiliser ? Cette question m’a été posée il y a quelques jours par un auteur en devenir que j’accompagne. Comment codifier les dialogues dans mon roman ? Quelle est la règle ? Comment couper le récit par des dialogues ? Un éditeur attend quelle codification ?

Les questions en ont amené d’autres et ainsi de suite. Nous avons passé presque deux heures à parler de l’écriture d’un manuscrit, de sa structure, des points clés, etc. Aujourd’hui, nous nous attarderons sur le principe d’intégration de dialogues dans un récit.

Le principe des guillemets et des tirets

Les guillemets et les tirets sont des sigles de la ponctuation qui servent de points de repère pour le lecteur. En voyant ces symboles, il comprend que le récit narratif va changer : on introduit un dialogue. Les personnages, ou le narrateur lui-même, s’apprête à parler.

Les guillemets sont les signes de ponctuation permettant d'ouvrir le dialogue

Les guillemets sont les signes de ponctuation permettant d’ouvrir le dialogue

Ce signe de dialogue s’appelle les guillemets. Comme indiqué sur la photo ci-dessus, vous voyez deux formes différents. La première est celle utilisée et validée par l’Académie française. Tandis que les signes de droite sont ceux utilisés en anglais. La plupart des logiciels de traitement de texte sont programmés pour s’adapter à la langue. Ainsi, à moins que vous ne le décidiez, les guillemets à l’anglaise ne devraient pas s’afficher.

Vous pouvez donc présenter votre dialogue de la manière suivante :

Antonia sourit et s’avança devant l’assemblée. Le temps des changements venait de sonner et elle en serait l’instrument.

« Bonjour à tous. Je vous remercie d’être venus. C’est avec honneur et humilité que j’accepte ce nouveau poste. »

Son public se mit alors à applaudir d’un mouvement solidaire.

Les dialogues peuvent être introduit à l’aide de guillemets ouverts puis fermés en fin de parole. Toutefois, il faut savoir que si vous avez l’habitude d’intégrer de nombreux dialogue dans votre récit, vous avez la possibilité de vous passer des guillemets et d’introduire vos dialogues directement par tirets.

Second exemple :

Antonia soupira et regarda Léo avec insistance. Le serveur du restaurant leur apporta le vin et remplit chacun des verres.

— Vas-tu enfin me dire ce qui ne va pas ? s’exclama Léo.

— Te souviens-tu de mon ancien collègue qui a été muté à Strasbourg ?

— Oui, pourquoi ?

— Il me demande de venir le rejoindre pour l’aider sur un projet, dit-elle presque à contrecœur. Je serais absente une année entière.

Léo s’enfonça dans son siège, visiblement agacé.

— Tu n’es pas assez payé pour ça ! répliqua le jeune homme avec une grande fermeté.

— Ma paye est doublée, murmura Antonia, fuyant volontairement son regard.

Notez également que le tiret utilisé pour les dialogues est également formaté. Le tiret n’est PAS un trait d’union. Veillez bien à utiliser le bon tiret – le trait cadratin. Vous risqueriez juste d’agacer l’éditeur à qui vous transmettez votre manuscrit, si vous ne tenez pas compte de la typographie.

Le cas du narrateur omniscient ou de la pensée à retranscrire

Dans certains romans, l’auteur s’autorise la non-utilisation des guillemets ou des tirets pour faire parler le narrateur ou transcrire la pensée d’un personnage. Si vous êtes dans ce cas, c’est-à-dire que votre personnage exprime des paroles qu’il ne partage qu’avec le lecteur, vous modifiez légèrement la règle d’écriture. En effet, les guillemets et les tirets s’utilisent dans des personnes discutent entre eux et échanges des paroles à haute voix.

Pour transcrire une pensée, c’est différent. On utilise avec l’italique.

Petit exemple :

Antonia soupira et regarda Léo avec insistance. Le serveur du restaurant leur apporta le vin et remplit chacun des verres.

— Vas-tu enfin me dire ce qui ne va pas ? s’exclama Léo.

Comment vais-je bien pouvoir lui expliquer ça ? Il faut que je sois diplomate… 

— Te souviens-tu de mon ancien collègue qui a été muté à Strasbourg ? demanda-t-elle avec un joli sourire.

— Oui, pourquoi ?

Aïe, quand il me répond par une question, c’est mauvais signe. Il se doute que je vais lui annoncer un truc. J’y vais franco !

— Il me demande de venir le rejoindre pour l’aider sur un projet, dit-elle presque à contrecœur. Je serais absente une année entière.

Léo s’enfonça dans son siège, visiblement agacé.

— Tu n’es pas assez payé pour ça ! répliqua le jeune homme avec une grande fermeté.

Bin si !

— Ma paye est doublée, murmura Antonia, fuyant volontairement son regard.

Pour conclure sur le dialogue dans un récit

L’écriture est codée, l’imagination est infinie. Alors même si vous avez une histoire extraordinaire, si vous n’y mettez pas les formes, personne ne s’y intéressera. Entre nous, ce serait vraiment dommage. Soignez la typographie de votre roman pour lui donner toutes les chances d’être lu par un éditeur, si tel est votre but.

Si vous cherchez un correcteur pour votre manuscrit, vous pouvez me laisser un message. C’est avec plaisir que je vous dirigerai vers des professionnels sérieux.